Depuis l’Antiquité, l’hystérie, du grec ὑστέρα, hustéra, « matrice », est associée au sexe féminin. L’utérus était décrit comme étant un animal vagabond parcourant l’intérieur du corps de la femme, le faisait vibrer et affectait ses humeurs et sa santé.

 

Jusqu’à ce que, durant le dernier tiers du XIXe siècle,le Docteur Martin Charcot crée un véritable théâtre de l’hystérie. Il a imaginé, imaginé jusqu’à créer. Il a fait une observation “provoquée”, une tentative méthodique forcenée de l’hystérie, mise en œuvre à travers la photographie. En la photographiant, il a cristallisé le fantasme de l’hystérie par une théâtralité des corps de femmes. 

Le Docteur Charcot a contribué au fait que l’hystérie sorte du langage médical vers le langage commun pour définir une femme dont le comportement sort de la norme sociétale.

 

Aujourd’hui, “l’hystérique” fait partie du top 5 des insultes sexistes. De par son étymologie grecque, mais aussi de par son histoire, qu’il a contribué à écrire. Peu importe les raisons, un corps émotif, impulsif, une colère sera jugée disproportionnée. 

 

Aujourd’hui, où sont les hystériques ? Ce sont des femmes qui utilisent leurs corps de façon spectaculaire, des icônes à la féminité déconcertante, libérée, exacerbée, provocante, assumée ou juste différente.

 

Elles sont politiques, entrepreneuses, auteures, actrices, activistes, performeuses, avocates, chanteuses.

 

En bref, des femmes.

 

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Bibliographie

 

Didi-Huberman Georges, Invention de l’hystérie Charcot et l’iconographie de la Salpêtrière, Editions Macula, 2014

 

Bourneville Désiré-Magloire & Regnard Paul, Iconographie de la Salpêtrière, Progrès médical & Delahaye, 1875-1880

 

Richer Paul, de la Tourette Gilles & Londe Albert sous la direction de Charcot, Nouvelle iconographie de la Salpêtrière, 1888-1918