Ma photographie évolue dans l’univers de la mode, de la femme et du portrait. Seule ma démarche, qui avait jusque-là reposé sur l’esthétique, a basculé dans l’engagement : mes photos ne sont plus des corps lissés, artificiels sur le papier glacé. Désormais, à travers mon travail, je me bats pour que les femmes réhabilitent leur corps. Je me bas auprès d’elles. 

La femme sous son vrai jour offre infiniment plus de lumière au monde que celle, longiligne et famélique, qui se meurt devant l’objectif pour les besoins d’une industrie dictatoriale.

 

You are real.

 

 

La photographie me permet de capturer la rencontre entre le corps et l’objectif. La photographie de mode ne peut plus être le miroir idyllique dans lequel errent les corps sculpturaux des magazines féminins, mais bien le reflet d’une réalité imparfaite - et sublime - du corps de la femme.

N’est-ce pas de la multitude et de la diversité qu’émerge la poésie ?

En offrant à mes modèles une image d’elles-mêmes qu’elles ne connaissent pas, qu'elles ne soupçonnent même pas, je souhaite qu’elles se réapproprient leur corps tel qu’il est. Je veux que les femmes posent un regard neuf sur la l’enveloppe de chair qui les constitue, qui les rend unique, qui les rend belles.

Tout corps, quel que soit sa forme, sa texture ou son âge, est à sublimer malgré ce que clament les dictats de la mode, malgré l’époque qui préfère les poupées de cire à celles de chair.

 

Mon monde à moi est fait de femmes vivantes.